Appli StopCovid
Depuis le déconfinement, les médecins et l’assurance maladie sont là pour assurer une mission de suivi de l’historique de contact des malades. StopCovid vient compléter l’action de ces équipes en étant un moyen de prévenir dans des situations de forte densité et en cassant les chaînes de transmission.
StopCovid c’est quoi ?
C’est une application qui permet de vous prévenir immédiatement si vous avez été en contact rapproché dans les derniers jours avec une personne que vous ne connaissez pas et qui vient d’être testée positive au COVID-19.
Comment ça marche ?
Je me Protège
Si vous avez téléchargé l’application sur votre téléphone, vous êtes informé lorsque vous avez été en contact rapproché (à moins d’1 mètre de distance pendant au moins 15 minutes) avec une personne (par exemple dans les transports en commun ou dans un commerce), qui vient d’être testée positive et qui est aussi utilisatrice de l’application.
Je protège les autres
Si vous avez téléchargé l’application et que, malgré vos précautions, vous venez d’être testé positif, vous pouvez alerter l’ensemble des personnes utilisatrices de l’application avec qui vous avez été en contact rapproché dans les derniers jours et que vous avez peut-être contaminées. Vous leur permettez d’être prises en charge médicalement dans les meilleurs délais (et donc réduire leurs risques de complication) et d’éviter qu’elles contaminent à leur tour de nouvelles personnes.
Comment les données sont échangées ?
StopCovid utilise uniquement le Bluetooth de votre téléphone. Les données de géolocalisation ne pas utilisées par l’application Stopcovid.
Quelles sont les données échangées ?
Les données échangées entre deux téléphones via Bluetooth sont des identifiants cryptés éphémères.
Où sont stockées les données ?
Les données stockées sur le téléphone et sur le serveur sont automatiquement effacées après 14 jours.
Puis-je supprimer les données qui me concernent ?
Conformément au règlement général sur la protection des données (RGPD), vous pouvez supprimer :
- Les données stockées sur votre téléphone
- Les données stockées sur le serveur
- Les données liées à l’activation de Stopcovid
Ressources utiles
- Présentation du secrétariat d’état chargé du numérique
- La FAQ
- Le dossier de presse du secrétariat d’état chargé du numérique
- Le dernier avis de la CNIL sur les conditions de mise en œuvre de l’application
Une application obligatoire ?
Le gouvernement assure que StopCovid est prévue pour ne pas être obligatoire et donc basée sur le volontariat, la personne testée positive se déclarant d’elle même comme telle et acceptant de diffuser cette information de manière anonyme aux autorités et aux autres.
Et pour ceux qui n’ont pas de smartphone ?
L’application repose sur le Bluetooth Low Energy (BLE) qui présente une consommation d’énergie 10 fois moindre que le Bluetooth usuel. Le BLE permet d’intégrer cette technologie sur d’autres équipements tels que montres, appareils de surveillance médicale ou capteurs pour sportifs. Le gouvernement n’exclut pas d’intégrer le système StopCovid dans d’autres appareils. Cédric O indiquait via le site Medium que les équipes en charge du projet réfléchissaient à porter le système sur des bracelets connectés ou des boîtiers. Afin de régler le problème de la fracture numérique, de nombreuses personnes (30 % de la population) n’ayant pas de smartphones, des “clés” qui seraient distribuées massivement aux citoyens étaient également à l’étude. L’Allemagne a d’ailleurs conçu une application du même type, Corona Datenspende, qui s’appuie sur des montres connectées pour collecter les données physiologiques des utilisateurs.
Quid du risque de piratage ?
L’appli StopCovid ne sera pas exempte du risque de hacking, quelqu’un de malintentionné pouvant potentiellement pirater les appareils des utilisateurs. Car il faut savoir que le Bluetooth, tout comme le NFC, est une technologie peu sécurisée. Reste la possibilité pour un hacker d’attaquer le serveur central, toutefois il est plus simple de protéger adéquatement le serveur que l’ensemble des smartphones des usagers. C’est d’ailleurs l’argument de Cédric O pour justifier le recours à un système qui n’est pas totalement décentralisé. En effet, si aucun serveur central n’est utilisé, alors la liste d’identifiants des malades devra être stockée en local sur les smartphones de chaque utilisateur. Elle sera donc plus facilement accessible et potentiellement plus exposée.
Enfin, notez que des applications reprenant les termes Stop Covid sont déjà disponibles en ligne. Nous vous déconseillons fortement de les télécharger. Bien que certaines aient été conçues par des organismes étrangers officiels, elles seront inutiles et pourraient représenter un risque de sécurité. Par ailleurs, il existe déjà des systèmes de contact tracing similaires mais là encore, nous vous déconseillons d’y recourir, d’autant que certains se basent sur la géolocalisation pour fonctionner…
StopCovid est-elle vraiment fiable ?
Des incertitudes demeurent sur les capacités du Bluetooth à fournir des données précises sur les distances entre les utilisateurs et donc de livrer des résultats fiables. Les faux positifs et négatifs risquent ainsi d’être inévitables. Jusqu’à créer un faux sentiment de sécurité ?
Dans un “white paper”, l’ACLU (American Civil Liberties Union) pointe du doigt les limites des applis de traçage, y compris Bluetooth. Concernant la géolocalisation via les antennes relais, l’association de défense des libertés individuelles note que “les données ne sont pas assez précises pour vous dire à quel point deux téléphones sont proches l’un de l’autre. Par ailleurs, l’application ne pourra pas tenir compte d’éventuels éléments séparant des personnes situées à proximité puisque le Bluetooth traverse les murs. Deux personnes dans des bâtiments séparés pourraient ainsi être perçus comme en contact. De nombreuses personnes pourraient alors recevoir à tort des notifications faussées et anxiogènes.
À noter que la détection des contacts ne fonctionne qu’avec les dernières versions de la technologie Bluetooth. Or, s’interroge l’ACLU, “le Bluetooth est-il suffisamment précis pour distinguer les contacts proches, étant donné que sa portée, qui est généralement d’environ 10 mètres, peut en théorie atteindre 400 mètres avec la norme 5.0, et que la puissance de son signal varie considérablement selon le type de puce, de batterie et d’antenne ?” Des obstacles peuvent également perturber les ondes, et la façon dont sera porté le smartphone par l’utilisateur influe sur le signal. D’autres problèmes sont à prévoir, comme la consommation d’énergie ou des capacités Bluetooth différentes selon les smartphones utilisés…
Enfin, le traçage rétrospectif révèle une suspicion d’infection mais ne démontre pas celle-ci : un test médical doit être effectué. Ce dispositif nécessitera ainsi un nombre de tests plus important que les 30 000 réalisés actuellement chaque semaine en France. Pour que cette appli soit efficace, il faudrait que 60 à 70 % de la population l’utilise. Volontairement. Une étude menée par des chercheurs d’Oxford fin mars indique que 48% des Français seraient “sans aucun doute” prêts à installer une application permettant de savoir s’ils ont été en contact avec des porteurs du coronavirus et que 31 % déclarent être prêts à le faire “probablement”. Mais ceux qui ont répondu être disposés à utiliser une telle application de tracking le seront-ils vraiment le moment venu, s’ils n’y sont pas obligés ?
Dans un thread twitter, Rand Hindi, ex CEO de Snips et expert en IA, explique que ”dépendre du volontariat n’apportera pas les résultats espérés”. Selon lui, “notre meilleure chance est donc de rendre l’app obligatoire, de la modifier pour notifier les autorités lorsqu’une personne a été en contact avec quelqu’un de positif, afin qu’elles puissent appliquer un confinement strict de cette personne, et d’augmenter les tests. Oui ce n’est pas idéal, et oui cela affaiblit légèrement la confidentialité de l’app. Clairement pas ce dont je rêve en tant que défenseur de la vie privée, mais hélas nécessaire aujourd’hui pour pouvoir sortir du confinement total sans attendre de pouvoir tester suffisamment”. Edouard Philippe serait cependant opposé à un tracking « obligatoire”.
StopCovid : presque 1,3 million « d’activations » de l’application
La bataille des chiffres fait rage. Pour défendre son projet StopCovid, le secrétaire d’État au numérique a annoncé que l’application avait été activée plus d’un million de fois. Des résultats remis en cause par plusieurs spécialistes. Les premiers résultats sont là. L’application de suivi des contacts StopCovid a été téléchargée plus d’un million de fois et activée 1,25 millions de fois selon des confidences du secrétariat d’État au numérique obtenu par Les Échos. L’adoption par la population constitue la dernière épreuve pour le bébé de Cédric O qui a connu des semaines de débat mouvementées pendant le confinement. Une semaine après son arrivée sur les magasins d’applications de Google et d’Apple, le secrétaire d’État au numérique semble pourtant satisfait de la trajectoire de l’outil. Sur RMC, samedi 6 juin, Cédric O se félicitait d’avoir passé le million d’activations alors que le plan de communication « officiel » n’a commencé que le 5 juin.Si le débat sur les chiffres n’a pas grand intérêt selon Cédric O qui répète inlassablement que l’application est utile « dès les premiers téléchargements » surtout pour les urbains « qui prennent les transports en commun et vont dans les bars et restaurants », le sujet fait tout de même débat.